historique de la broderie sur filet
raconte moi le filet

L’histoire du filet commence il y a fort longtemps. Peut-être était-ce par une froide nuit, noire, au fond d’une grotte, ou alors au bord d’une onde pure où nageaient d’appétissants poissons……. Etait-ce un homme ? Était-ce une femme ?

Nul ne le sait et pour cause … C’est si loin !!! Il se raconte que déjà les habitants d’Egypte, de Chine et d’Amérique centrale brodaient sur ce support 2000 ans avant notre ère. Le filet est un aïeul de 4008 ans, au moins.

Les traces de sa présence en Europe datent de 1350 et on été trouvées dans une tombe royale.

Le temps passe, les broderies sur filet sont serties dans des toiles de lin. Les motifs s’inspirent de l’ancien et du nouveau testament. Ils sont brodés dans les couvents et ornent les églises.

Au XVIème siècle le filet devient accessoires vestimentaires.

Le temps continu de s’écouler, nous sommes au XIXème et au XXème où le filet part à la conquête de nos intérieurs. Il devient rideaux, nappes, tentures. Il agrémente souvent les vêtements, notamment les cols.

Il nous reste de cette époque les journaux de mode, les cahiers pratiques et les pièces qui ont survécu à la destruction.

Il m’a été raconté que lors du conflit de 14-18, les femmes devaient remplacer les hommes au travail. Elles avaient converti la technique du filet en filet crochet. Le transport et l’utilisation d’un crochet étant plus simple qu’un métier à broder.

Il m’a aussi été rapporté qu’après 39 les femmes avaient remplacé leurs rideaux de filet brodé par des rideaux en tergal , importés des Etats-Unis et plus pratiques à entretenir.

Je me suis laissé dire que de certaines techniques de dentelle et de broderies, c’était le filet l’ancêtre. Que les dentellières qui travaillaient le filet, avaient commencé par l’ajourer et ensuite s’étaient passer de son support en lançant des fils. Mais bon, qui sait ce que le filet nous cache !!!

Lorsque j’ai rencontré mon premier filet en 1975, j’ignorais sur quel chemin il allait m’entraîner. Depuis, lors de chacun de mes déplacements de par le vaste monde il m’attend. Bibliothèques, librairies, brocantes, particuliers, artisans, marchés, il a laissé son empreinte. La liste serait longue et insolite de ces rendez-vous entre lui et moi. Mais, s’il m’a prise dans ses rets, s’il m’a guidé sur les voies de la redécouverte et de l’apprentissage, il m’a surtout fait rencontrer des personnes d’exceptions, généreuses dans leurs transmissions du savoir faire et surtout de leurs savoirs être. Merci à elles.

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